Style pulse
Une fois n'est pas coutume, La Gazette des élégants s'offre les services d'un insider.
Isabelle Crampes, mythique enjôleuse de la scène marseillaise, dénicheuse unique de pièces séduisantes des vestiaires féminin et masculin, a créé De Toujours, cabinet de curiosités artisanales. La création est son univers. Nous avons le plaisir de la lire. "Silence, on tourne !"
" Échappée du pensionnat.
L’hiver venant, il est toujours bon de se refaire une session de bleu marine et de chemisiers de comtesse modeste, pour ne pas dire modette.
Des flanelles grises plissées, des jupes ajustées sous le genou, des chemisiers brodés et de rudes pulls de laine ; autant dire la séduction par le chic et le maintien.
Le style « Échappée du pensionnat » a cela de protestant qu’il ne permet pas aux jeunes filles d’être encore tout à fait sexy et exige d’elles une certaine sobriété reposante. Proche de l'allure militaire, il fait sortir armée d’une coupe sûre qui cache un cœur tendre. Manteau de laine, coupe très ajustée aux épaules. Bleu marine, bleu marine, bleu marine.
Il n’empêche que, la nuit venue, c’est avec des talons bien choisis que l’on ajoute la fameuse touche « échappée » qui manquait au style pensionnat.
On peut ainsi rapidement glisser d’un air de Colette ou de Coco Chanel à celui d’une dominatrice de luxe selon la chaussure choisie. Essayez absolument avec de petites bottines jaunes.
Col Claudine et jupe crayon, robe en crêpe de soie marine à collerette victorienne. Transparence sombre, et éclat d’un point de blanc. Voilà un pensionnat imaginaire inspirant.
Ce style exalte tous les types de beauté, révélant même chez chacune l’aspect racé de son personnage.
C’est le meilleur moyen de se sentir à l’aise partout : chez les pointus intellos de gauche comme de droite, avec un rocker qui déchire, à une fête de gens drôles, au milieu d’une surenchère de filles à poil, chez des artistes exigeants tout comme aux réunions des parents d’élèves.
Avec votre tenue « échappée du pensionnat » vous êtes juste. Et s’il faut enchaîner par un rendez-vous chez le notaire, c’est OK.
Le rouge, indispensable le soir, sur les lèvres. Quoi qu’il en soit.
On ne peut pas dérailler, au point de vivre le personnage trop à fond, et finir blafarde, les yeux aux ciel. Bien au contraire, on envoie le rouge baiser, ou un cerise très années 30, sur des lèvres piquantes prêtes à rire.
Ne jamais revenir sur la longueur de la jupe. Toute l’élégance est là. Vous aurez mille manières d’affirmer votre style dans ce cadre strict. Et le bon cadre, c’est en-dessous du genou.
Il vous reste vos cheveux pour vous exprimer, et du temps, vous en avez, car avec cette sobriété de cloître, aucun doute devant le dressing. Essayage zéro. Tout sur « les pompes et les cheveux ».
La tresse, bien sûr, est un classique de la pensionnaire, plus romantique qu’un bandeau, mais moins glam qu’un carré long qui va si bien avec les coupes droites des uniformes.
A noter qu’en été la version plus américaine, Country Club, tolère le short blanc ou la jupe tennis avec des mocassins, s’ils sont portés pieds nus… mais généralement en été on est libéré de ce genre de diktat, et le minimum est requis.
Si c’est un mode de vie, c’est alors aussi la grande chemise de nuit en lin des carmélites d’Uzes. Bien que prude, elle est terriblement sexy portée nue, grâce à la tombée du tissu et de l’ouverture tenue par un simple lien.
La sensualité n’a pas toujours besoin de faire plus que de se faire deviner.
Attention, ceci ne peut néanmoins qu’être une session ; renoncez régulièrement à cette sobriété pour faire n’importe quoi, sans quoi vous ne serez plus crédible en temps que femme fatale.”
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