Vous n'en avez jamais douté : l'élégance est fille d'érudition et de correction... Alors, honorez cette saine famille et gardez-la en modèle, car vous êtes si rares à sacrifier avec habileté aux mânes exigeants du chic.
Piège pour les puristes, fausse facilité pour les flémards négligeants, le concept du "cool et classe" est une épreuve complexe qui trie avec efficacité le bon grain de l'ivraie.
Le blazer, meilleur cas d'usage, vous montre la voie.
En effet, cet agrément, d'allure anodine, rehausse avec noblesse un blanc parfois difficile à marier.
L'immaculé nécessite une pratique experte du vestiaire habillé, une maîtrise des codes et une cuillerée à café de folie.
Vous, dignes descendants des Inc'oyables et des Me'veilleuses du Directoire (sois rassuré, jeune bobo inculte, rien de raciste... La suppression du "r" n'était que le choix affecté d'un parler plus citadin), butez, à court d'imagination, sur l'accord d'un pantalon candide. Bien sûr, vous êtes sauvés par la fête de l'Assomption ! Vos tendres cousines du Périgord raffolent de vos accoutrements qui égaient enfin le trop classique "dîner en blanc"... S'ajoute à cette occasion le tennis hivernal où vos admiratrices ne sauront duquel de vos revers naît leur pâmoison : ce bas retouché d'une blancheur confondante ou ce toucher intouchable de gaucher. Bon... Et alors ?...
Et alors ?... Et alors ???... Le blazer est arrivé, sans s'presser...
Issu de la Royale anglaise, ce veston est le compagnon de navigation de votre flanelle (must difficile à chiner) et de votre chino (plus facile pour flâner) blancs. Vous ne vous l'autoriserez qu'aux exigences suivantes : bleu marine (évident), boutons métalliques (élégant), croisé (authentique). Mais un boutonnage droit tient le cap. Si vous êtes foufou, un écusson authentique vous est permis. D'argent ou d'or, lourd comme le velours qui l'émaille, résistant aux embruns, il est brodé de canetilles qui font encore la fierté de petites mains auvergnates. Hors cet exercice imposé, point de salut.
Notre conseil :
Pièce incontournable de votre garde-robe, le blazer sortira d’un vieux surplus militaire anglais. Là vous y dénicherez ces chaussures blanches (revendues par le même officier de marine défroqué) qui vous posent un homme. Ajoutez-y un foulard. Nous y sommes.
"- Vous plaisez aux femmes !... - Je ne sais pas. - Menteur !" (Le Magnifique)
Arthur Stanley Jefferson, aka Laurel dans "Laurel et Hardy". Ou l'homme qui avait tout compris
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