La montagne, ça vous gagne ?

Ne nous voilons pas la face : certains sujets ne concernent que les Mâles. Le soulier est de ceux-ci. Un jour viendra où un billet expert se posera sur l'escarpin. 
Malgré tout, l'œil féminin peut regarder par le trou de la serrure : rien des passions superficielles masculines ne doit lui être caché. 

Mais La Gazette des élégants aime les sujets de niche. Le soulier, soit. Tous les dandys et celles qui les aiment savent combien un homme ne se juge presque exclusivement qu'à la qualité, au dessin, à la tenue et à l'entretien de ses chaussures. 
Mais s'attaquer au brodequin alpin ou pyrénéen, c'était une gageure que nous ne pouvions repousser du pied. 

Notre propos s'arc-boute sur le sempiternel principe, frappé au coin du bon sens, que ce que nos Anciens ont imaginé mêlaient allure et utilité. Un autre temps, un autre monde. 
Nous allons donc procéder, loin de toute démonstration mathématique aride et incolore, à une petite explication par une méthode qui parle à ceux qui ont fait le choix des humanités : le syllogisme aristotélicien. 
Tout soulier de montagne authentique a de l'allure ; or l'allure a vocation à se répandre ; donc, le soulier de montagne a vocation à se répandre urbi et monti
Arpentez les chemins bitumés et les prairies asphaltées avec fierté et naturel ! Comme un Incroyable, quoi ! 

Jetez donc votre dévolu(y) sur des godillots de travail. C'est la clé ! Foin des chaussures techniques, ultra-souples, qui vous transforment en danseuse rupestre et vulgaire d'un opéra-rock à deux kopecks ! Vous ne comptez par faire l'ascension du Mont Lénine en footing alpin ? Alors, on se calme, on boit frais, et on déniche une paire d'occasion ayant appartenu à un berger. En ville, avec un pantalon en moleskine tombant droit et laissant apparaître des crochets enlacés d'un lien rouge vif posé avec adresse, le pied immobilisé se rappellera la phrase rocailleuse du Béarnais : "c'est pas fait pour les défilés de mode, ça, Monsieur ! C'est juste fait pour se caler contre un rocher !" Tout doux... La Gazette ose tout. C'est à ça qu'on la reconnaît ! N'enchaînez pas. L'herbe vous a été coupée sous le pied...

Notre conseil : 
Le Soulor est une maison française unique, au cœur du Béarn, dans l'agréable ville de Nay. Vous y trouverez des passionnés, ciselant pour vos pieds une paire à rendre jaloux le plus dandy des chamois. Mais privilégiez la vraie chaussure de berger, au détour d'une occasion ! Elle réveillera le bouc qui sommeille en vous. 

              Fabrication Le Soulor, à Nay

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