Sans chemise, sans pantalon... mais avec une cravate !

   

L'habit fait le moine. 
Tout n'est qu'histoire de codes. 

Les pancartes sont aujourd'hui brandies à bout de bras : "Rebelle-toi, je te dirai qui tu es !" Mais Platon aurait souri, pauvre petit d'homme : il y a la réalité et ta perception de la réalité. 
Rien ne sert de jouer à l'homme libre, détaché. Le code est ta référence. 

L'assemblée nationale a d'ailleurs remis à l'honneur le code vestimentaire occidental le plus emblématique : la cravate. L'agonisant bout de soie voyait déjà à son chevet les hommes négligés de notre époque. Mais c'était sans compter sur le combat ô combien majeur et titanesque des députés "anti" et des députés "pro" ! Un puissant relent de conservatisme pour d'ardents combattants du réformisme, en somme... 

La place prise par la cravate, dans son dessin actuel, s'est étendue à la faveur de la révolution industrielle britannique. Les traces de cette archéologie vestimentaire perdurent ainsi dans les modèles "club". Loin d'un Barbey d'Aurevilly toisant les frileux sans originalité de ses gilets écarlates, l'homme peu sûr de son audace tournera tranquillement autour de son vestiaire poussiéreux de pièces rayées, plutôt dans des tons sombres. Déçu mais pas surpris : ouf, il se maintiendra à l'abri dans la gentille grisaille de sa vie monochrome. 

Mais, gage de votre allure et de votre faculté à rehausser un costume sombre d'un éclat exquis, la  cravate sert de passe, aussi bien dans la salle de réunion la plus angoissante d'un service enkysté qu'au fond d'une brasserie munichoise, en voyage familial.
Aujourd'hui encore, son port est imposé dans les clubs occidentaux, du monde francophone et du Commonwealth. De quoi s'en mettre derrière la cravate à l'Automobile club, à l'Interallié ou à Saint-Augustin... Votre tissu soigneusement noué, vous serez accueilli avec respect tel un grognard au lendemain d'Austerlitz : voilà un brave ! 

Malgré la tendance moutonesque d'affirmer à l'envi que la pointe de la résistance vestimentaire réside dans l'abandon des codes, vous savez, élégantes et élégants, que la vraie liberté se niche dans la contrainte. 
Aujourd'hui ils sont non seulement méconnus mais leur mélange est permanent. 

Notre conseil :
Chassez les prétendus conseillers en image qui sucent le sang des boîtes, fossoyeurs inexorables du bon goût... La cravate demeure la colonne vertébrale de votre garde-robe ! 
Portez-en à satiété, chaque jour, et constituez une bonne section de marche dans votre placard. 2 cravates club constitueront le maximum de votre accessoire "vieille tante" ; une poignée de modèles unis en grenadine de soie (Stark and Sons) vous ravira ; une pincée de Marinella, Roll's inégalée, vous plongera dans les délices de la 9-plis ; enfin, une kyrielle de modèles Hermès s'égaieront de motifs d'une allure exquise...

           Même chez votre notaire 

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