La lutte des classes
Cette "scène de patio" d'Achille Zo est un cliché au sens propre : l'arrêt sur image pour un segment de société. Nous pourrions rester sur ce simple constat.
Mais cette toile doit, avant tout, forcer notre réflexion sur la classe, non pas entendue comme "ensemble des personnes qui ont entre elles une certaine conformité d'intérêts, de mœurs et d'habitudes" (Littré) mais comme "qualité exceptionnelle, distinction de quelque chose ou de quelqu'un" (Larousse).
Achille Zo, en peignant ainsi une scène de genre, fin XIXe, ne se doute pas qu'il plante les poils de ses pinceaux dans le cœur des amoureux contemporains du Beau (ouh, que c'est mal de ressusciter ce spectre que le méchant Laid et le naïf Subjectif croyaient avoir abattu...).
Tout y est : orientalisme suggéré, bottines à boutons (un must ! Nous y viendrons, ne soyez pas impatients...), pantalon immaculé (difficile à porter mais à relancer), cigarette (je suis anti-tabac mais il était chic de fumer), lénification de la scène par le déséquilibre des sexes, nonchalance des femmes, candeur par la dominante des blancs, évanescence des esprits perdus dans leurs pensées....
Notre époque a-t-elle donc définitivement abdiqué tout souffle de cette coquetterie qui habillait une bourgeoise lyonnaise flânant sur les quais, un paysan se rendant à la messe à Mareuil-sur-Belle ou un laquais sautant derrière une voiture, dans une allée cavalière en Chalosse ?
Au cœur de cette lutte de générations, la classe française n'est plus qu'un doux rêve.
Notre conseil :
Fuyez le panurgisme ; laissez-vous séduire par ce que dicte votre bon goût. Habillez-vous en toutes circonstances ! Portez costume et cravate au bureau, apprenez très tôt à vos enfants (filles et garçons) la délicatesse du port d'un escarpin et la finesse d'un Richelieu, à l'accumulation de pièces médiocres préférez l'achat plus espacé de vêtements à la fois plus jolis et plus solides, donc durables...


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