Un décodeur pour Channel +


Wellington Barracks. Des anciens combattants et des réservistes, en blazer rayé aux couleurs du club de leur régiment, prennent place sur les bancs de la Guards Chapel, foyer religieux de la Household Division. En ce Remembrance Sunday, Londres respire au rythme des commémorations publiques et privées, toutes réglées par des codes figés. Racines du chic anglais, portés par ce peuple conquérant et jaloux de ses traditions, ils ont pénétré chaque pore de la bonne société, du club-house de sport au mess des officiers. 

À quoi bon chercher ailleurs, tristes Français en quête d'identité ? Traversez la Manche par les flots pour sentir la distance qui nous sépare de ce peuple soudé par des affaires de miles, une conduite à droite, des pieds, des pouces... 

Mais pénétrons en profondeur les aspects que prennent ces codes de boutons de guêtre, cravate, blazer, broderie, etc. Ces marques distinctives de l'appartenance à un groupe soudent avec soin ceux qui en sont. C'est le principe de la cohésion, celle qui naît de la fierté bien placée et du sentiment positivement assumé d'une forme d'exclusivité. 
Arrêtons-nous un instant sur le blazer et la cravate . 
Chaque club de rugby du Commonwealth en possède. Il en est même ainsi de certaines associations, à l'heure où, en France, quelques-uns trouvent du temps pour débattre de la pertinence d' un bout de tissu comme d'un drapeau... Il porte du sens mais sachons prendre de la hauteur et rendre au superficiel la place d'honneur qui lui revient. 
L'association Wooden Spoon, par exemple, lève des fonds pour l’éducation des enfants en difficulté. Elle arbore une tenue multicolore à la fois élégante et originale (photo infra). 
Dans le milieu du rugby britannique comme dans les régiments, les cravates sont incontournables. Elles sont aux couleurs du club représenté, chaque unité militaire ayant son équipe de gros bras. 
En Angleterre, le sujet des codes, c'est les poupées russes... Très souvent, le blazer d'un club n'est autorisé de port qu'aux seuls membres actifs de l’équipe première et aux anciens membres de l'équipe-fanion. Pour Wooden Spoon, il faut cinq années de service pour pouvoir prétendre l'obtenir. 

En France, qui impose encore des codes ? Les clubs de sport ont mis un genou à terre, les associations patriotiques n'ont jamais eu ce goût du détail vestimentaire qui distingue... 
Les mess officiers en imposaient avec rigueur il y a quelques années ; dans chaque petite garnison de province, jusqu'à la fin du siècle dernier, vous ne montiez pas le perron d'un cercle militaire pour y dîner, sans cravate ni veston. Aujourd'hui, même au sein du très beau cercle national des armées, à Paris, vous croiserez, en journée comme en soirée (!), des individus en tenue totalement décontractée... Oui, ouvrez les yeux, marchez, soufflez. Vous avez à nouveau franchi la Manche, après un court séjour au pays des Traditions.

Notre conseil : acceptez avec joie de prendre un Campari soda au Cercle de l'Union Interalliée, à l'Automobile club ou au Travellers ! Laissez les débats oiseux aux oisifs : une cravate et un veston y seront exigés... pour votre plus grand bonheur. Le tout est de vous souvenir qu'il fut un temps où le British nous admirait pour la French touch... Invité dans ces havres où le code est encore de mise, vous savourerez votre chance ! La règle superficielle et simple de la cravate vous ouvre les portes dorées de la belle apparence. 
S'il n'en reste qu'un, que ce soit vous.

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