"On est reçu selon l'habit, reconduit selon l'esprit." Proverbe russe

    
        © Dita Alangkara/Pool/Reuters

Nous ne cesserons de le répéter :
Chaque diplomate sait l'importance de respecter les coutumes d'un pays, au risque de mettre en péril le tissu de relations le plus finement tressé. Il en est ainsi des habitudes de bienséance comme des codes vestimentaires.

En Asie plus qu'en tout autre endroit de la planète, rien ne doit être considéré comme un détail. Chaque région porte une marque de considération particulière et offre une lecture propre à un accessoire vestimentaire.

En guise d'exemple, même s'il a essaimé en Afrique au gré des échanges de comptoirs par le truchement du commerce anglais et néerlandais, le batik indonésien illustre à la perfection ce patrimoine culturel qui nous habille. Tissu originaire de l'île de Java aux motifs variés travaillé, de manière très élaborée, par une utilisation minutieuse et fine de la cire, il constitue le support incontournable des règles vestimentaires.
En vulgarisant, il est l'équivalent de notre smoking occidental, en Indonésie, en Malaisie, à Singapour... Par métonymie, cette grande étoffe a, en effet, évolué vers l'acception très figée d'une chemise qui se porte en lieu et place d'un veston : le batik. Porté droit sur le pantalon, il est dessiné avec un col officier (celui que je préfère !), en Malaisie et à Singapour, et, de manière un peu plus décontractée, avec un col ouvert, en Indonésie (photo supra). 

Toutes les réceptions officielles, jusqu'au sommet de ces pays du sud-est asiatique, exigent le port du batik, en offrant la possibilité, par la délicatesse propre à cette région, de rester accoutré à l'occidentale. Les bristols d'invitation des chefs d'État et des ministres portent ainsi, de manière systématique et plutôt unique dans le monde, la précision de ce code d'élégance. Voilà où se niche le charme hérité d'une civilisation. Et tout cela dans une chemise ! 

Le respect des coutumes, dans les sujets qui peuvent sembler les plus insignifiants, doit demeurer l'une des approches fondamentales de celui qui est accueilli. Il facilite les échanges, construit les relations et témoigne de l'ouverture. 

Notre conseil : pour montrer votre attachement aux règles de bienséance et étoffer votre garde-robe d'une pièce supplémentaire, investissez dans ce que le vestiaire masculin ou féminin local présente de plus iconique. Attendez donc d'être à Singapour pour acheter votre batik. Votre ami ambassadeur saura alors vous indiquer un vieux tailleur rompu au savoir-faire britannique, en vue de ce délicieux cocktail pour la fête nationale. 

avril 2016, la duchesse de Cambridge, en voyage au Bouthan, tenue traditionnelle 

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