"Les voyages forment la jeunesse, mais ils déforment les chapeaux." A. Allais
Qu'il est bon de comprendre, sans souvent oser se l'avouer, que la mosaïque ramassée de nos riants pâturages, de nos montagnes dressées, de nos côtes découpées et de notre patrimoine architectural incomparable surpasse de très loin les trois autres coins du monde... Eh oui, réveillez-vous, ingrats Français qui ne cessez d'étonner les étrangers par votre regard critique sur notre pays ! "L'herbe du clos lui parut fade." On sait la sottise de la chevrette de M. Seguin...
Nos réminiscences d'enfant nous conduisent à égréner le seul premier vers du beau sonnet de Joachim du Bellay.
"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage"...
Quel dommage de n'en pas citer la suite !
"Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !"
"Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !"
Nous découvrons alors un splendide contre-sens : notre poète angevin vante le voyage pour mieux exprimer avec force sa mélancolie, ce mal du pays natal. Le déplacement hors de ses frontières ne souffre pas le juste milieu. Il est soit fruit d'un luxe, qu'il soit nommé tourisme, découverte culturelle ou grasse expatriation professionnelle, soit contrainte d'une émigration douloureuse. On pourra ainsi relire avec intérêt l'émouvant Dernier voyage de Gaïto Gazdanov.
Mais puisqu'il vous faut partir, puisqu'une force centrifuge vous pousse irrésistiblement au-delà des limes, voyagez en beauté. Bien entendu, maniant toujours avec précaution le sacro-saint principe du "point trop n'en faut", vous marierez singularité, exotisme, coutume locale et immersion.
Sur place, outre le plaisir unique d'écrire des cartes postales, dernier vestige "si XXème siècle" de votre empreinte manuscrite, pensez à rapporter des effets du pays, traqués dans des adresses choisies : chechia en Tunisie, culotte de peau au Tyrol, moufles de laine en Suède, pull de laine Lopi en Islande... Et luttez contre vos a-priori d'occidental frileux, en vous jetant avec plaisir sur les particularités culinaires locales. Le bon ton est frère de la curiosité.
Notre conseil :
Pilier de votre déplacement, le contenant de votre garde-robe adaptée ne peut être qu'une valise classique, rectangulaire, portée à bout de bras. Vous traînerez donc aux gémonies ces morceaux de plastique immondes glissant mollement sur des roulettes ! Vous serez le seul à l'aéroport ou dans le train et c'est tant mieux. Le voyage commence là.
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